mercredi, février 25, 2009

Vers une délocalisation des comptes suisses à Singapour ?

Lisez bien l'article jusqu'au bout et vous comprendrez l'ampleur de la fracture sociale (comme dirait Chirac) a Singapour. Sachant que dans un pays ultra capitaliste aussi petit, chaque extreme n'est jamais bien loin de son opposé...
Sinon ca parle un peu de la Suisse aussi... :)



Article tiré de Trends.be.

Vers une délocalisation des comptes suisses à Singapour ?

23/02/2009 09:58

C'est sans doute l'une des plus vieilles institutions suisses qui vacille ces derniers jours. Comme le rappelait le journal économique La Tribune, le premier texte de loi protégeant le secret bancaire suisse remonte à 1713 ! Le seul hic, c'est qu'en obligeant la banque suisse UBS à livrer les noms de 250 à 300 déposants américains soupçonnés de fraude fiscale, les Etats-Unis viennent d'ouvrir une sacrée brèche dans le coffre-fort suisse. Le pire, c'est que c'est la troisième fois depuis 2000 et que c'est, de loin, la plus importante brèche dans ce secret bancaire !
Officiellement si la banque UBS a accepté ce deal avec les Etats-Unis, c'est parce qu'elle risquait de devoir fermer sa très importante filiale américaine. Et comme on est en pleine crise financière, dire non aux Américains revenait à signer son arrêt de mort. Evidemment, tout cela ne fait pas l'affaire de la Suisse car elle sait que l'Union européenne va lui demander d'accorder à d'autres Etats européens ce qu'elle vient d'accorder aux USA. Les Suisses -qui ne sont pas fous car ils savent que le secret bancaire est aussi le point fort de leur système financier... et donc de leur emploi- clament, la main sur le cœur, que la loi leur interdit cela et que l'affaire UBS est une exception.

Comme le rappelle La Tribune, le code pénal suisse punit de prison et de très lourdes amendes les personnes qui divulguent le secret bancaire. En effet, la loi fédérale sur les banques a inscrit la protection du secret bancaire dans le code pénal et cela dans un contexte historique très particulier : en effet, la Gestapo avait envoyé des espions en Suisse pour démasquer les citoyens allemands qui abritaient leurs biens là-bas. Et les juifs persécutés étaient évidemment les premiers visés. Quatre d'entre eux furent d'ailleurs exécutés sous ce prétexte par le régime nazi en 1934. Du coup, la Suisse punit très sévèrement la coopération avec un Etat étranger.
Evidemment entre 1934 et maintenant les choses ont changé et il n'y a aucune chance que ce rappel historique puisse attendrir les Etats-Unis ou les autres pays du G20. D'ailleurs, tous ces pays profitent de la crise et du cas UBS pour essayer de tuer les paradis fiscaux. Gordon Brown, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont d'ailleurs mis d'accord sur ce sujet ce weekend. En attendant, une chose est sûre : comme la nature a horreur du vide, Singapour se profile déjà comme le nouvel havre de paix pour les personnes fortunées. Selon un rapport du Boston Consulting Group, un ménage sur dix résidant à Singapour dispose d'un patrimoine géré d'au moins 1 million de dollars. Donc, à l'avenir, il est possible que les chargés de clientèle des banques suisses continuent de recevoir leurs riches clients français, belges ou allemands à Genève ou Zurich. Mais les comptes, eux, seront délocalisés sept fuseaux horaires plus loin.

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