Biologie. Le scientifique avait utilisé la fécondation et non pas le clonage.
Je suis pourtant dans une phase où j'aime bien les coréens et la Corée, mais là, il nous a fait du tort le Professeur Hwang...
article tiré de (http://www.liberation.fr/page.php?Article=348017#)
Sciences
Biologie. Le scientifique avait utilisé la fécondation et non pas le clonage.
Hwang, le cloneur coréen onze fois fraudeur
par Corinne BENSIMON
QUOTIDIEN : vendredi 30 décembre 2005
Une pure arnaque. Une de plus au rayon déjà bien garni du clonage. La direction de l'université de Séoul, en Corée du Sud, a rendu hier les conclusions de son enquête sur les travaux publiés le 19 mai 2005 sur le site en ligne de la prestigieuse revue Science par le biologiste Hwang Woo-suk, considéré il y a quelques mois encore recordman mondial de la production d'embryons de clones humains à des fins scientifiques. Le verdict est sans appel : les embryons présentés dans cet article scientifique n'ont pas été produits par clonage dans le laboratoire de Hwang, mais par fécondation in vitro dans un centre de fertilité... Ainsi, le clonage humain en série, fut-ce à des fins scientifiques, voire thérapeutiques, redevient ce qu'il n'a jamais cessé d'être : un mirage.
Panier percé. En mai 2005, l'équipe de Hwang rapportait, avec force détails et photos, l'obtention de onze embryons humains par la technique de clonage. Chacun de ces embryons était, expliquait-elle, la «copie génétique» d'un patient dont une cellule de peau avait été transférée dans un ovocyte vidé de son noyau. Mieux, les chercheurs affirmaient avoir tiré de chacun de ces embryons une lignée de cellules souches «à tout faire». Onze lignées différentes, donc, sources potentielles de «pièces de rechanges» parfaitement immuno-compatibles pour les onze personnes ainsi «clonées». Enfin, ces embryons de clones humains avaient été obtenus avec une aussi grande aisance que s'il s'était agi de cloner des vaches... Dès lors, la recherche sur le clonage à visée thérapeutique faisait un bond de géant. Dans le vide.
A l'automne 2005, les choses se gâtent. Hwang est accusé par des collègues d'avoir commis des fautes déontologiques graves dans le cadre des travaux publiés en février 2004. Il annonçait alors, dans Science, la création du premier embryon humain par clonage et de la première lignée cellulaire tirée d'un tel embryon. Il admet, en novembre, qu'il avait payé les donneuses d'ovocytes et démissionne de son labo. Cependant, l'attaque porte sur un autre front : la validité scientifique de son travail est questionnée. Notamment la publication de ses fameuses onze lignées. A la mi-décembre, Hwang reconnaît «des erreurs» dans les photos accompagnant cet article et demande son retrait à la revue Science. L'université de Séoul, qui a lancé une enquête, découvre bientôt que les onze lignées ne sont que deux... Enfin, hier, elle donne le coup de grâce : «Les trois laboratoires engagés dans cette expertise ont conclu que ces deux lignées proviennent d'ovules fécondés in vitro fournis par le service de médecine de la reproduction de l'hôpital MizMedi à Séoul», a déclaré Roe Jung-hye, qui dirige l'enquête. Exit Hwang et ses onze clones.
Reste Hwang auteur en 2004 du premier embryon de clone humain et Hwang créateur du premier clone de chien, en août 2005. Survivront-ils à l'enquête, tandis que la justice sud-coréenne envisage de poursuivre l'ex-héros national pour détournement de fonds ?
Leurres. D'ores et déjà, Hwang est entré dans la légende du clonage, peuplée de scandales et de fausses annonces. Il rejoint le gynécologue italien Antinori et son ex-comparse américain Zavos, la secte Raël et sa filiale... sud-coréenne, tous annonciateurs en 2003 de bébés clones. Et surtout, il ressuscite l'histoire de Karl Ilmensee. En 1981, quinze ans avant la naissance de la brebis Dolly-le-clone, ce biologiste suisse avait relaté dans la prestigieuse revue Cell l'obtention de trois souris par la technique de clonage qui ne réussissait alors que chez les grenouilles. Au terme d'une formidable polémique scientifique de deux ans, Ilmensee avait été convaincu de supercherie et la recherche sur le clonage était durablement marquée du sceau du soupçon.

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