Singapour, un tremplin vers les étoiles ?
Article tiré de www.foot69.fr
Etoile FC, club flambant neuf, prendra part au championnat de Singapour à la mi-février. Composée uniquement de Français, l’équipe embarquera avec une poignée de Rhodaniens aventureux dans ses valises. Cette formation professionnelle tentera de se faire un nom au sein de la cité-Etat, et pourquoi pas, se frotter au niveau continental. Une première mondiale qui ne laisse pas indifférent…
Le président-joueur Yohan Gouttefangeas, lors de la conférence de presse
(Crédits photo : www.channelnewsasia.com)Le « tube » du moment commence à parvenir à toutes les oreilles. Cinq footballeurs du Rhône s’apprêtent à faire le grand saut vers l’Asie. Une équipe est en train de naître du côté de Singapour. Le projet était en gestation depuis deux ans et ne sera pas tué dans l’œuf, la durée de vie de la licence étant de trois saisons minimum.
Façonné à partir de l’Hexagone et mis sur pieds pour participer aux joutes de la S-League singapourienne 2010, Etoile FC sera composé exclusivement de joueurs français. Une condition d’admission indispensable dans un championnat libérant chaque année deux sièges à des formations étrangères.
Nos petits Français ont profité des retraits conjugués d’un club brunéien et d’une franchise coréenne pour s’engouffrer dans la brèche et occuper le strapontin vacant, contre une garantie bancaire de 500 000 dollars.
Une première mondiale : jusqu’ici, aucune équipe non-asiatique n’avait eu la chance de pénétrer le « marché » singapourien. Affiliée à la FIFA, la S-League fait partie du top 10 asiatique et fonctionne comme une franchise, à la manière de la NBA pour le basket : aucune relégation ne menace les douze clubs engagés.Des régionaux aux commandes...
(Crédits photo : www.tnp.sg)
A première vue, Etoile FC a tout d’un OVNI. La machine est d’ailleurs bâtie de toutes pièces par d’anciens footeux de la région, reconvertis en entrepreneurs : Johan Gouttefangeas (ex-Lyon-Duchère AS et UODL Tassin) en est le président… et l’un des vingt-un joueurs. Autre régional de l'étape : Nicolas Possetti (ex UODL Tassin), qui s'est chargé des détections et qui sera l'entraîneur adjoint sur place).
Fort d’un budget « presque bouclé » avoisinant les deux millions d’euros, Etoile FC semble jouer dans la même cour qu’une formation de National. Si sa légitimité peut paraître improbable, ses objectifs sont bien réels : accrocher la lucrative Ligue des Champions asiatique.
Les volontaires embarqueront avec des motivations diverses. Certaines jeunes pousses espéreront donner un sens à leur carrière. D’autres, plus expérimentés, chercheront à rassasier une faim de ballon persistante après avoir croqué de la L2 européenne à pleines dents.
Le profil type ? Des joueurs « prêts à l’emploi » éduqués à la sauce française, au sein de centres de formation de clubs professionnels, plus quelques paris évoluant, certes, beaucoup plus bas, mais qui confèrent à l’entreprise des allures de coup de poker. L’aventure humaine semble excitante.
Mais la prise de risques se monnaye : les Tricolores auront l’opportunité de vivre raisonnablement : entre 800 et 3000 euros selon nos sources. Après tout, vivre de sa passion, même modestement, n’est pas donné à tout le monde.
Le programme est tout de même chargé : deux entraînements quotidiens pour un match hebdomadaire. Etoile FC a d’ores et déjà élu domicile dans le Queenstown Stadium, enceinte de 5000 places. Dans un premier temps, nos expatriés éliront domicile dans un hôtel afin de tisser des liens.
Si certains peuvent craindre le décalage horaire et le climat tropical, il n’y aura pas de place pour la gamberge. Le championnat débutera le 13 février pour finir en novembre. Le temps presse. Le compte à rebours vers le match d’ouverture – télévisé, s’il vous plaît – est enclenché.Par Fabrice Dufaud

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