Le rugby sourit au Japon
LE MONDE | 31.07.09 | 17h36
Tokyo - Correspondance
En devenant le premier pays d'Asie à obtenir l'organisation d'une Coupe du monde de rugby, le Japon réalise un vieux rêve. Initialement favori pour accueillir l'édition 2011, il avait été devancé par la Nouvelle-Zélande au terme d'un vote discuté.
La deuxième candidature, ardemment soutenue par Yoshiro Mori, ancien premier ministre, ex-joueur de l'université de Waseda, et actuel président de la Japan Rugby Football Union (JRFU), a été la bonne. Mardi 28 juillet à Dublin (Irlande), l'International Rugby Board (IRB) a choisi le Japon pour accueillir l'édition 2019 de la compétition.
La décision consacre l'Archipel dans son rôle de locomotive du rugby asiatique. Son championnat, la Top League et ses 14 équipes, reste le meilleur d'Asie et suscite des envies. Doté de ressources financières non négligeables, il attire des stars de l'hémisphère Sud, comme les Australiens Stephen Larkham et George Gregan. Dès 2010, un club sud-coréen pourrait l'intégrer. Cette attractivité s'ajoute à celle des sponsors nippons, très recherchés par les instances du rugby de pays comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Les deux nations ont ainsi répondu favorablement à la proposition nippone d'accueillir, le 31 octobre 2009 la dernière rencontre de la Bledisloe Cup, une compétition qui oppose chaque année et sur trois matches, All Blacks et Wallabies.

AFP/PASCAL GUYOT
Les Japonais, ici face aux Australiens lors du Mondial 2007 à Lyon,
accueilleront le gratin du rugby international en 2019.
L'intérêt serait si fort que, selon des observateurs, un puissant sponsor japonais serait attendu avec impatience en Nouvelle-Zélande pour boucler le financement de la Coupe du monde 2011. Il pourrait s'agir de Toshiba, déjà principal partenaire de la Coupe du monde junior organisée en juin au Japon. Avec de tels atouts, et une équipe nationale qui progresse au point de rivaliser avec les Tonga ou les Fidji, l'Archipel semble armé pour répondre aux attentes de l'IRB. En lui confiant l'organisation d'une Coupe du monde, elle espère favoriser le développement du rugby en Asie, loin des fiefs de l'élite mondiale.
Rôle déterminant L'Asie reste discrète sur la scène internationale mais l'intérêt pour ce sport y est certain. Au Sri Lanka, le nombre de pratiquants dépasse celui du Pays de Galles ou de l'Ecosse. Dans ce pays a vu le jour, en 1879, l'ancêtre de l'ARFU, l'Asian Rugby Football Union, instituée en 1968. L'organisation, placée sous l'autorité de l'IRB, compte aujourd'hui 26 membres, contre 10 en 1998. Cette croissance rapide l'a incitée à créer, en 2008, un système de compétitions à plusieurs divisions. Les cinq meilleurs – en 2009 le Japon, la Corée du Sud, le Kazakhstan, Hongkong et Singapour – s'affrontent au cours du tournoi Asian 5 Nations. En 2010, ce tournoi jouera un rôle déterminant pour la Coupe du monde 2011. Le vainqueur sera automatiquement qualifié. Le second participera à des rencontres de barrage.
Conscients de toutes ces évolutions, les promoteurs de la candidature nippone ont prévu de délocaliser des rencontres de la Coupe du monde 2019 à Hongkong et à Singapour.
Philippe Mesmer
Article paru dans l'édition du 01.08.09.
1 commentaire:
Dommage, à priori tu n'y seras plus dans le coin...! :-p
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