samedi, mars 26, 2005

Ju-Jitsu

La semaine dernière, je me suis mis au ju-jitsu brésilien. Le dojo de hapkido était beaucuop trop loin, et je perdais un temps fou en y allant, j'avais donc abandonné après un cours. Fini donc le dobok bleu, maintenant, il est à nouveau blanc, même s'il est carrément plus épais (la première fois, j'avais l'impression de porter un tapis sur le dos). Normal, c'est comme un kimono de judo, il faut qu'il résite aux saisies.



Plusieurs profs se relayent pour assurer des cours tous les jours à de nombreux horaires, ce qui est assez pratique, vu que je ne sors pas du labo tous les jours à la même heure. Le dojang est situé près de Ahyeon, à deux pas de Sinchon, ce qui fait que c'est assez agréable de marcher jusqu'au métro après les entrainements, Sinchon étant un quartier très animé (plein de boutiques en tous genres, marchés jusqu'à 21h, trois facs à proximité, donc plein d'étudiants autour).
Les cours se font en coréen, même si deux profs sont américains, ce qui m'a sauvé la première fois. Hier soir, j'y suis retourné, et là, on était 4, dont le prof, et personne ne parlait anglais (ou très peu). Le prof était vraiment gentil (c'était la première fois qu'il me voyait, et il a eu l'air surpris de voir un occidental se pointer, qu'il n'avait jamais vu, ne parlant pas coréen, avec 130,000 wons pour payer la cotisation du mois en cours ! :-)) et je sentais bien qu'il regrettait de ne pas mieux parler anglais (idem pour moi en coréen). Ca me fait enfin une motivation pour apprendre le coréen. Non pas que je ne le sois pas, mais au boulot on fait tout en anglais, et dans la vie de tous les jours, je me débrouille à peu près pour obtenir ce dont j'ai besoin.

Du coup, en rentrant, j'ai commencé à me faire des fiches :-) :




En sortant, sur me chemin du metro, j'ai fait un crochet par une boutique de moto, de l'autre côté de la rue, histoire de baver un peu devant les modèles exposés. Au bout de 30 s, un type de la boutique sort, on commence à discuter (moitié anglais, moitié coréen : "konglish"), parler moto, etc. et me propose de rentrer boire un café. Ca se fait bcp ici, mais en France, ca serait un peu louche. Donc, ayant encore pas mal de reflexes occidentaux, je refuse poliment, affirmant que je ne reste pas. Le type insiste encore gentiment, ils ont l'air de bien rigoler à l'intérieur, allez, ok pour un café ! Finalement, je suis resté 1/2 heure... :-) Ca parlait petit nègre dans tous les sens, mais au bout du compte, on a à peu près réussi à se comprendre. Comme d'habitude, au début, ils croyaient que j'étais américain, et en entendant que je suis français, ils ont poussé des"Rroooooo...", "Aaaahhhh..." et OOoonnnnhhh..." admiratifs :-) (être français en Corée, c'est très cliché (good wine, fashion TV, beautiful girls, Le Louvre, etc.) mais il faut reconnaitre que du coup on a pas mal la classe et profite d'une certaine image, bien plus positive que celles des américains bouffeurs de hamburgers ! ;-).


Le site web de mes copains de la boutique moto


Bref, ils m'ont présenté tous leurs collègues, en me donnant à chaque fois leur âge (très important l'âge, ca permet de se situer sur l'échelle sociale et d'adopter son comportement et son discours en fonction de son interlocuteur), et m'ont même proposé de passer boire un café à chaque fois que sors du ju-jitsu ! :-) En France, ca serait carrément louche, mais ici... c'est normal ! Les coréens baignent dans une espèce de naïveté primaire qui maintient leur société dans un état "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil", et avec le temps, on s'y fait bien ! Assez paradoxalement (encore une fois, mais d'après moi, s'il ne fallait qu'un mot pour définir la Corée, ca serait "paradoxe"), ils ont des serrures electroniques dernier cri un peu partout, des cameras de sécurité, alors que leur pays est super sûr ! Ca doit venir de leur amour immodéré pour les gadgets en tous genres, et certainement aussi de leur culture de frimeurs : celui qui affiche la plus grosse voiture, le plus bel appartement, la plus grosse montre, est celui qui a reussi socialement, et donc qui doit être respecté par ses pairs...

En tout cas, dans la boutique, je me suis aperçu qu'il faut vraiment que je bosse mon coréen ! Plein de mots me venaient à l'esprit, mais pas moyen de les dire, et j'entendais des mots qui sonnaient plus ou moins familiers, mais dont je ne connaissais absolument pas le sens...
Il aura fallu le temps, mais je commence enfin à me trouver une vraie motivation pour apprendre le coréen (jusqu'à présent, l'âne ne devait pas avoir très soif).

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